à venir :

 

. 30 avril 2024 : Rendez-vous littéraire, Ghislain QUÉTEL- Sur les pas des résistants de Normandie.
. 23 mai 2024 : Café lectures  ( 15 personnes maxi > s'inscrire )

 

 ( Détails ci-dessous, attention aux lieux des évènements )


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Molière et les Femmes - suite RdV du 20 février 2024

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Molière et les femmes
Bonsoir, Molière est mort le 17 Février 1673 à Paris il venait de jouer pour la 4ème fois Le Malade Imaginaire. Grâce à votre cercle littéraire les voix de quelques héroïnes résonneront ce soir pour fêter ce grand auteur toujours vivant...
On aurait tort de croire que Molière soit un ennemi acharné des femmes et qu’il les maltraite de parti pris. Il est bien obligé de représenter leurs défauts, puisqu'enfin elles en ont, et que les défauts sont avec les ridicules la propre matière de la comédie. Mais en homme qui connaît le monde et les femmes, il les a mises aussi quelquefois dans un beau jour. C’est un trait de son génie de savoir garder la mesure, et l’une des consolations qu’on éprouve en le lisant, c’est la beauté de ces caractères, fermes entre les excès, et conservant dans leur langage et dans leur conduite l’aimable modération de la vertu.
Des femmes dont la liberté frise souvent avec l’insolence. Des femmes qui refusent la place que leur assigne la société du XVIIe siècle. Elles bousculent l'ordre social. Elles portent la révolte contre la tutelle des pères ou des maris. Molière déjà prônait la libération de la femme.
Il a fait des amours contrariés le motif profond de ses comédies. Il éprouve une passion dévorante pour Madeleine Béjart et a été sali par toutes sortes de rumeurs concernant son mariage avec Armande qui n’est pas sa fille comme certains l’ont dit mais vraisemblablement soit la très jeune sœur de Madeleine soit sa fille cachée. Molière a été malheureux avec Armande qui très coquette était courtisée et peut-être infidèle. Molière aimait les femmes et aimait avoir dans sa troupe de très belles comédiennes, souvent plus instruites que la plupart de leurs contemporaines, grandes lectrices elles étaient aussi férues d’écriture comme Madeleine Béjart. Le théâtre de Molière s’inscrit dans ce « féminisme » nouveau et que nous qualifierions aujourd'hui de « progressiste ». En effet, à côté des « ridicules », ces « pecques provinciales » qui méritent bien leur bastonnade, ou ces femmes savantes qui laissent trop voir, sous le masque de la libido sciendi, leurs pulsions érotiques ou tyranniques, des figures positives comme Agnès, Madame Jourdain, Nicole, Donna Elvire, la Princesse d’Elide incarnent une indépendance féminine remarquable. Le théâtre de Molière a ainsi œuvré, par le comique et souvent la polémique, à faire admettre pour « naturelles » des formes et des valeurs d’abord féminines, issues de la société galante. Je vous invite à relire les puissantes comédies de cet auteur inégalable qui nous n’ont pas pris une ride malgré les siècles, les caractères de ces héroïnes sont immortels.

 


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L'Afrique avec Kessel, le 6 février

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Invité des Rendez-vous Littéraires le 6 février, Pascal Génot travaille à l'Université de La Rochelle où il est chargé de la formation.

Lorsqu'il cherchait un sujet pour sa thèse au début des années 2000, il s'est orienté vers Joseph Kessel, journaliste, romancier, académicien. L'universitaire a eu alors une chance extraordinaire, celle de rencontrer le notaire de l'écrivain qui avait stocké depuis plus de 20 ans des archives confiées par sa veuve. Mme Kessel avait rangé dans un coffre loué dans une banque, de gros cartons contenant un vrai trésor, les brouillons des principaux romans de son défunt mari...

Avec l'aimable compréhension du notaire, gardien de ces textes, Pascal Génot a mené de longs mois un vrai travail d'enquêteur pour déchiffrer la petite écriture serrée de l'auteur de "Marchés d'esclaves" et "Le Lion", les deux romans principaux détenus dans ce coffre.

Grand reporter, Kessel a beaucoup arpenté l'Afrique qu'il aimait, principalement le Kenya, et y a fait des reportages avec photos publiés dans les journaux "Le Matin", "Gringoire" ou "France Soir" puis édités plus tard sous forme de livres. Pour "Marchés d'esclaves", les articles paraissent du 26 mai au 14 juin 1930 et le tirage du "Matin" explose au fil du feuilleton quotidien. Après de nouveaux périples africains de 1953 à 1957, les reportages sur "Le Lion" ont été publiés en mai 1958, avant de sortir sous forme de roman. avec un succès jamais démenti.

Kessel disait qu'il aimait écrire "pour les gens qui ne peuvent pas voyager", ce que confirment ses descriptions précises qui ont traversé les années. En l'absence d'héritier, tous ses droits d'auteur sont versés à la Croix Rouge irlandaise, nationalité de Michèle O'Brien, sa dernière épouse.

Pascal Génot, universitaire et spécialiste de Joseph Kessel